La fin de vie et le Droit
- 15 mars 2016
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Vous n'avez pas pu participer à la dernière conférence organisée par Tribunes Assas ? Nous y sommes allés pour vous !
A l’approche du premier anniversaire de la révision de la loi n°2005-370 relative aux droits des malades et à la fin de vie, l’Ecole de droit et l’association Tribunes Assas ont invité le Député Léonetti à en débattre avec les étudiants. Devant l’amphithéâtre IV du Panthéon largement rempli, le Député s’est exprimé sur les principes directeurs ayant guidé la main du rédacteur. Ce fut l’occasion de comprendre pourquoi, entre l’engagement politique initial du candidat Hollande et le choix législatif final, l’écart est de taille.
L’explication tient en un paradoxe, trois principes et une définition.
Le paradoxe, tout d’abord. Alors que dans la grande majorité des pays du monde l’on se bat pour vivre ou pour survivre, nous menons, particulièrement en Occident, un combat pour mourir. Il est sage de rappeler ainsi aux esprits que le combat pour la vie est le seul qui vaille. Dès lors, la proposition de principe change radicalement puisque l’on considère une fin de vie à soulager et adoucir et non une mort à organiser.
De là découlent naturellement les trois principes que le Député prit soin d’exposer, paroles du médecin à son patient : « Je ne t’abandonnerai pas, je te ne laisserai pas souffrir, je ne te maintiendrai pas dans un état anormal ». Ne pas abandonner le patient, c’est ne pas le laisser affronter la fin de sa vie seul mais lui conférer les soins nécessaires pour qu’elle soit la plus confortable et paisible possible.
Ne pas le laisser souffrir, c’est le soulager. Cela peut se faire au moyen d’un traitement qui peut avoir pour effet secondaire de raccourcir sa vie mais qui a pour fonction première d’atténuer sa douleur. Les mots sont d’une importance capitale ici : l’objectif poursuivi doit être le combat de la douleur. Si l’objectif principal est d’abréger la vie, alors cela revient à donner la mort.
Dans le premier cas, on ne peut savoir si en réalité, le traitement prodigué a eu pour effet collatéral d’avancer l’heure du décès. Là réside la différence entre le but primaire poursuivi et l’effet secondaire non recherché et de plus incertain, distinction Thomiste reprise par le Député. L’on décide donc de soulager, quand bien même le traitement pourrait avoir pour effet, sans que l’on puisse en être sûr et sans qu’on le veuille, d’enlever quelques heures de vie au patient.
En ce qui concerne le troisième principe, il y a maintien anormal en vie dès lors que les séquelles cérébrales sont si graves que le patient ne vivrait pas sans respirateur et/ou sonde et qu’il n’a aucune conscience ni capacité de communication.
Fut enfin analysée l’arme favorite des partisans d’une solution radicale : celle de la dignité humaine. Coupant court au débat, le Député a fermement expliqué que la dignité n’est pas l’image que l’on a de nous-même dans le miroir. Elle n’est pas tributaire du sentiment que l’on a de son état physique ou mental mais bien consubstantielle à la nature humaine.
Les cerveaux ont donc chauffé, ce soir-là, mais un champagne bienvenu a rafraîchi les uns, consolé les autres et intrigué ceux qui avaient un petit bagage oenologique.


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